André Gide

André Gide 
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André Gide

“Toutes choses sont dites déjà ; mais comme personne n'écoute, il faut toujours recommencer.”

Traité du Narcisse, 1912

André Gide (1869-1951), prix Nobel de littérature en 1947, est l’auteur d’une œuvre plurielle, difficilement cernable. Considéré comme le “contemporain capital1” de son époque, il en est un des plus fins observateurs. Défenseur du classicisme, de la culture comme lutte contre toute forme d'oppression, il consacrera sa vie à parler, c'est-à-dire à l'écriture comme une forme de devoir. Figure de proue du 20e siècle, maître à penser pour ses lecteurs, incarnant l'espèce éteinte des “hommes de Lettres” au croisement des mondes culturels et politiques, prolifique correspondant, rentier intranquille, “insecte entomologiste2” ayant sondé de façon inégalée son Moi, il a maintenu jusqu'à aujourd'hui un parfum de scandale pour avoir connu des amours hors-normes. Ses contradictions, ses réussites et ses échecs, sa littérature nous laissent en héritage un champ de réflexion actif.

1 André Rouveyre 
2 Éric Deschodt

Gide par ses contemporains

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André Gide et Marcel de Coppet.jpg
André Gide et Marcel de Coppet en 1929.

Maurice Blanchot

Œuvre d’excès, œuvre d’extrême mesure, toute donnée à l’art et cependant accordée à un dessein d’influence, non pas esthétique, mais morale, œuvre qui ne compte plus que l’homme et qui, pour l’homme qui l’a formée, n’a été qu’un moyen de se former, de se chercher, enfin œuvre immense, d’une extraordinaire variété, mais aussi éparpillée et étroite et monotone, ouverte à la culture la plus riche, tournée vers la spontanéité la moins livresque, naïve par goût de l’effort, libre par souci de la contrainte, discrète dans la franchise, sincère jusqu’à l’affectation et comme poussée par l’inquiétude vers le repos et la sérénité d’une forme à laquelle rien ne saurait être changé. 

Lire, de Maurice Blanchot, “Gide et la littérature d'expérience”, 1947, repris dans La Part du feu.

 

Maurice Martin Du Gard

Avec sa tenue classique de voyage, dans un vaste pardessus de ratine beige, le chapeau taupe plus foncé, M. Gide avait son air d’arriver de loin et de repartir le soir même, de loin ou de près, de l’Afrique du Nord ou de Normandie, mais toujours entre deux trains et deux désirs, à la quête de lui-même. Changeant de peaux, de pays, insatiable et clandestin, frôlant les êtres, les murs, feignant d’aimer et ne désirant que son propre personnage, se contredisant à plaisir pour être plus divers, plus mystérieux, se sentant sans s’attacher, plus attachant ; ne s’engageant que pour pouvoir une fois de plus se dérober et se rajeunir à ces exercices, sans mémoire mais n’oubliant jamais quel délice est d’être lucide et de pouvoir tout critiquer, posant des problèmes et filant, inquiétant Dieu, révoltant les hommes sains et naturels, excitant le Diable à l’occasion, écrivant n’importe où, dans les hôtels, dans les trains, en plein air, ne mettant rien au-dessus d’une phrase impeccable, d’une précision raffinée qui le rend léger, fuyant la lourdeur, la fraude et le malheur, en littérature, en morale, en voyage. Toujours sur les chemins, toujours en fuite pour se prouver qu’il est libre ; il n’a pas d’âge. Un autre s’y tuerait. Sa santé s’en trouve à merveille.

“Une visite d'André Gide”, 1928, dans Les Mémorables.

 

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Enveloppe de la lettre de Franzos à Gide
"Absent". Enveloppe d'une lettre de Franzos à Gide, février 1903. © Fondation Catherine Gide

“Je connus tout ce que vous savez : le printemps, l’odeur de la terre, la floraison des herbes dans les champs, les brumes du matin sur la rivière, et la vapeur du soir sur les prairies. Je traversai des villes, et ne voulus m’arrêter nulle part. Heureux, pensais-je, qui ne s’attache à rien sur la terre et promène une éternelle ferveur à travers les constantes mobilités. — Je haïssais les foyers, les familles, tous lieux où l’homme pense trouver un repos — et les affections continues, et les fidélités amoureuses, et les attachements aux idées — tout ce qui compromet la justice ; je disais que chaque nouveauté doit nous trouver toujours tout entiers disponibles. Des livres m’avaient montré chaque liberté provisoire et qu’elle n’est jamais que de choisir son esclavage, ou du moins sa dévotion, comme la graine des chardons vole et rôde, cherchant le sol fécond où fixer des racines, — et qu’elle ne fleurit qu’immobile.”

Les Nourritures terrestres, 1897

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André Gide au Sénégal
André Gide au Sénégal, en 1936 © Fondation Catherine Gide

Gide par son biographe

[Gide] invente, mieux que Barrès avant lui, et bien avant Sartre, la littérature engagée, tout en en percevant très vite les risques et les limites. Le Retour de l’URSS, suivi des Retouches, constitue de ce point de vue un des jalons majeurs de la conscience intellectuelle au 20e siècle. Gide invente peut-être aussi l’autofiction, tellement en faveur aujourd’hui, et qui brise le tabou de la vie privée, au risque de l’exhibitionnisme. Mais il le fait avec un art, une maîtrise de la langue inconnus de ses épigones, et aussi, une conscience morale élevée, bien qu’assez imprévisible dans ses effets.
On connaît l’apport de Gide à l’histoire du roman. Paludes, où Nathalie Sarraute reconnaissait “l’une des cinq ou six œuvres les plus importantes de notre temps”, préfigure de loin le Nouveau Roman, de même que Les Faux-Monnayeurs, ce roman expérimental. Gide, on le sait, est l’inventeur de la “mise en abyme”. Tout un pan de la littérature contemporaine, qui met au premier plan le travail de l’écrivain et la dimension réflexive de l’œuvre, procède en vérité de Gide, autant que de Proust ou de Joyce.

Frank Lestringant, "Gide révolutionnaire malgré lui", propos recueillis par Joseph Vebret.

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Portrait de Gide par Charles Leirens au Vaneau, 1935
Portrait de Gide par Charles Leirens, au Vaneau, 1935. © Leirens / Fondation Catherine Gide

“Un grand artiste n’a qu’un souci : devenir le plus humain possible, — disons mieux :
devenir BANAL.”

Prétextes, 1903

Gide par lui-même

Je n’ai jamais recherché les hommages et pourtant, dès mon plus jeune âge, j’ai eu grand souci de la gloire. Mes livres, durant longtemps, n’eurent aucun succès et je ne m’en affectais guère, car je ne doutais pas qu’ils méritassent d’être lus... plus tard, me disais-je. Aussi bien la gloire que je rêvais, c’était celle de Keats, de Baudelaire, de Nietszche, de Kierkegaard, de tant d’autres dont la voix ne fut écoutée que plus ou moins longtemps après leur mort. L’éminente distinction que vient de m’accorder la Suède me fait comprendre que j’avais mal fait mon compte ; c’est aussi que je n’imaginais pas vivre si vieux.

J’accepte le prix Nobel avec émotion, à la manière dont un enfant reçoit une récompense ; son contentement ne serait pas si grand s’il ne pensait pas avoir mérité celle-ci. Est-ce marquer beaucoup d’orgueil ? Je le pense tout simplement. Et que le jury qui me l’accorde, tout comme celui qui naguère me nommait docteur à Oxford, tient compte non seulement et non tant de mon œuvre littéraire que de l’esprit qui l’amine.

Très jeune encore, j’écrivais : “Nous vivons pour représenter.” Si vraiment j’ai représenté quelque chose, je crois que c’est l’esprit de libre examen, d’indépendance et même d’insubordination, de protestation contre ce que le cœur et la raison se refusent à approuver. Je crois fermement que cet esprit d’examen est à l’origine de notre culture. C’est cet esprit que tentent de réduire et de bâillonner aujourd’hui les régimes dits totalitaires, et, comme leurs doctrines se font menaçantes, de droite et de gauche, comme elles recourent sans aucun scrupule à tous les moyens, force brutale et perfidie, pour s’imposer, j’estime que notre culture, que tout ce qui nous tenait à cœur et pourquoi nous vivions, tout ce qui donnait du prix à la vie, que tout cela est en grand risque de disparaître.

Il ne peut plus être question ici de frontières géographiques ou politiques, de races ni de patries. La Suède, au balcon de l’Europe, n’en tient pas compte, et les attributions du prix Nobel me rassurent ; ce qui compte ici c’est la protection, la sauvegarde de cet esprit, “sel de la terre”, qui peut encore sauver le monde ; l’élection de quelques-uns qui ont de leur mieux lutté pour son triomphe et pour qui cette lutte est devenue proprement la raison d’être, lutte plus âpre, plus difficile aujourd’hui que jamais ; plus décisive aussi je l’espère ; celle du petit nombre contre la masse, de la liberté contre toute forme de dictature, des droits de l’homme et de l’individu contre l’oppression menaçante, les mots d’ordre, les jugements dictés, les opinions imposées ; lutte de la culture contre la barbarie.

André Gide, discours de réception du Prix Nobel de littérature 1947. Texte publié dans Le Figaro du 21 novembre 1947.

 

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Journal prix nobel gide
Magazine Life ​​​​​​du 24 novembre 1947. 

“J'ai écrit, et je suis prêt à réécrire encore ceci qui me paraît d'une évidente vérité : c'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature. Je n'ai jamais dit, ni pensé, qu'on ne faisait de la bonne littérature qu'avec les mauvais sentiments.”

Journal, 2 septembre 1940

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Gide en 1935
André Gide en 1935, par Yves Allégret, “à la demande du Béloutchistan”. © Yves Allégret / Fondation Catherine Gide

“Belle fonction à assumer :
celle d'inquiéteur”

Journal, 1935

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Lettre de Gide à Proust
Manuscrit d'André Gide, sur Marcel Proust, non daté. © Fondation Catherine Gide

 

BIO/BIBLIOGRAPHIE

22 novembre 1869 | Naissance d'André Gide à Paris. Son père, Paul Gide, protestant d'origine cévenole, est professeur de droit. Sa mère, Juliette Rondeaux, protestante d'origine normande, appartient à la riche bourgeoisie d'affaires.

1887-1888 |  Scolarité. Rencontre avec Pierre Louÿs à l'École alsacienne. Avec Léon Blum à Henri IV. Début du Journal.

“[...] pour les mots, eux aussi, je crois fort à la vertu des mauvaises fréquentations”

Correspondance avec sa mère

1880 | Décès de son père.

1889 | Passe son baccalauréat avec difficulté. Le jour des résultats, il écrit dans son Journal : “Fin de l'enfance. Ma vie commence aujourd'hui.”

1890 | Rencontre avec Paul Valéry. Publication des Cahiers d'André Walter.

1891 | Rencontre Stéphane Mallarmé et Oscar Wilde.

1892 | Publication des Poésies d'André Walter.

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Manuscrit des Poésies d'André Walter
Page manuscrite des Poésies d'André Walter conservée à la Fondation Catherine Gide.

1893 | Voyage en Afrique du Nord avec Paul-Albert Laurens. C'est une libération sexuelle pour Gide. Publication de La Tentative amoureuse et du Voyage d'Urien.

1894 | Il écrit Paludes dans le Jura suisse.

“Avant d'expliquer aux autres mon livre, j'attends que d'autres me l'expliquent. [...] Attendons de partout la révélation des choses ; du public, la révélation de nos œuvres.”

Paludes

1895 | Décès de sa mère. Hérite du domaine de La Roque-Baignard. Mariage avec sa cousine Madeleine, qui demeurera "blanc". Voyage de noces en Suisse et en Italie pendant 7 mois. Dissociation du désir et de l'amour. Gide fait de Madeleine un gage de stabilité dans sa vie de "vagabond". 

1896 | Second séjour en Afrique du Nord. Avec Eugène Rouart et Francis Jammes. Gide est élu maire de La Roque.

1897 Rencontre Henri Ghéon, auquel il demeurera lié jusqu'à sa conversion au catholicisme en 1915. Publication des Nourritures terrestres.

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Couverture des Nourritures terrestres

1898 | Se déclare du côté de Dreyfus, et s'insurge contre Maurice Barrès.

1899 | Rencontre avec le peintre Théo Van Rysselberghe et sa femme Maria, "la Petite Dame", et leur fille Élisabeth. Parution de Philoctète, El Hadj et Le Prométhée mal enchaîné.

1902 | Publication de L'Immoraliste.

“J’en vins à mépriser en moi cette science qui d’abord faisait mon orgueil ; ces études, qui d’abord étaient toute ma vie, ne me paraissaient plus avoir qu’un rapport tout accidentel et conventionnel avec moi. Je me découvrais autre et j’existais, ô joie ! en dehors d’elles. En tant que spécialiste, je m’apparus stupide. En tant qu’homme, me connaissais-je ? je naissais seulement à peine et ne pouvais déjà savoir qui je naissais. Voilà ce qu’il fallait apprendre.”

L'Immoraliste

1903 | Rencontre avec Jacques Copeau. Publication de Saül et de Prétextes. Sixième voyage en Afrique du Nord.

1906 Publie Amyntas.

1907 Publie Le Retour de l'enfant prodigue.

1909 | Il fonde avec Jacques Copeau, Jean Schlumberger et André Ruyters, La Nouvelle Revue française, dotée l'année suivante d'un comptoir d'édition ayant pour gérant Gaston Gallimard. Publication de La Porte étroite. 

1910 | Première Décade de Pontigny. 

1911 | Publication d'Isabelle, roman d'un amour. Rencontre avec Joseph Conrad.

1912 | Gide est juré à la cour d'assises de Rouen.

1913 | Rencontre avec Roger Martin du Gard. Publication de ses Souvenirs de la cour d’assises.

1914 | Publication des Caves du Vatican. Il se brouille avec Claudel, qui lui demande de cesser d'étaler son goût pour les jeunes garçons dans ses livres. Fonde avec Charles Du Bos (et avec la complicité de la Petite Dame) le Foyer franco-belge pour venir en aide aux réfugiés.

1917 | Début de sa liaison avec Marc Allégret, de 31 ans son cadet.

1918 | Voyage en Angleterre avec Marc. Madeleine brûle leur correspondance de plus de trente ans.

1919 | Publication de La Symphonie pastorale, qui thématise le conflit entre la religion et les sentiments, à travers l'histoire d'une jeune femme aveugle recueillie par un pasteur qui en tombe amoureux.

1921 | Publication des Morceaux choisis. 

1923 | Naissance de Catherine, la fille de Gide et d'Élisabeth Van Rysselberghe. Cette paternité ne sera révélée que beaucoup plus tard, alors que Catherine a 13 ans. 

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Première page de Corydon
Épreuves de Corydon corrigées par Gide. © Fondation Catherine Gide

1924 | Première édition courante de Corydon, déjà publié en 1911 pour un cercle restreint. Corydon défend l'homosexualité, tout en interrogeant les différentes formes de pédérastie. Dans ses feuillets préparatoires, on trouve noté, en 1910 : « Je n’ai point cherché à prouver que [la pédérastie] doive être ; comprenez qu’il faut partir de ce point, de ce fait : elle est. » Gide déplace le concept de normalité vers "sa normale", selon l'expression qu'il consignera dans Si le grain ne meurt. 

1925 | Départ, missionné par le ministère des Colonies, pour l'Afrique-Équatoriale française avec Marc Allégret, qui débute sa carrière de cinéaste avec le film qu'il tournera sur place. 

1926 | Parution des Faux-Monnayeurs. Gide traverse le Congo, le Cameroun, le Tchad. Il est retourné par les conditions de travail dans les compagnies concessionnaires et va soulever en France un important débat sur le sort des indigènes. Parution de Si le grain ne meurt : “Je suis un être de dialogue ; tout en moi combat et se contredit.”

1927 | Publication du Voyage au Congo.

 

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Article d'époque sur le voyage de Gide au Congo
Article du Temps sur le voyage de Gide au Congo, 13 juillet 1927. RetroNews.

 

“Il ne me suffit pas de me dire, comme l'on fait souvent, que les indigènes étaient plus malheureux encore avant l'occupation des Français. Nous avons assumé des responsabilités envers eux auxquelles nous n'avons pas le droit de nous soustraire. Désormais, une immense plainte m'habite ; je sais des choses dont je ne puis pas prendre mon parti. Quel démon m'a poussé en Afrique ? Qu'allais-je donc chercher dans ce pays ? J'étais tranquille. À présent je sais ; je dois parler.”

Voyage au Congo

1928 | Parution du Retour du Tchad, qui poursuit son réquisitoire contre les compagnies concessionnaires “qui exténuent tout un peuple” (correspondance avec Léon Blum), mais également son observation à la fois littéraire et ethnologique de l'Afrique.

 

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Chant des excisées, notes de Gide
Gide, Notes sur le "chant des excisées" à Bangassou et Ouango. © Fondation Catherine Gide

1929 | Gide est séduit par les idées communistes, fréquente André Malraux et Julien Green. Il publie L’École des femmes et Robert.

1930 | Parution de La Séquestrée de Poitiers, L'Affaire Redureau, suivie de Faits divers, dans la collection "Ne jugez pas", qu'il a créée et dirige chez Gallimard.

1931 | Parution d'Œdipe. Gide commence à travailler aux Œuvres complètes.

1934 | Perséphone, livret de l'opéra d'Igor Stravinski.

1935 | Publication des Nouvelles Nourritures. Il préside le premier Congrès international des écrivains pour la défense de la culture.

1936 | Voyage officiel en URSS (en compagnie de Pierre Herbart, Eugène Dabit, Jef Last, Louis Guilloux et Jacques Schiffrin). Discours pour les funérailles de Gorki. Désillusionné par le communisme, il dénonce le régime stalinien et publie son Retour de l'URSS, qui connaît un important retentissement.

“J'ai épousé la théorie communiste avec enthousiasme et je peux dire, avec aveuglement, estimant que, sans doute là, d'après ce que certains témoins nous disaient, il y avait une solution sociale à cette horreur qu’est l'exploitation de l'homme par l'homme.”

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Gide en URSS
André Gide, Eugène Dabit, Pierre Herbart, en URSS, 1936. © Fondation Catherine Gide

Dictature du prolétariat nous promettait-on. Oui : dictature évidemment ; mais celle d'un homme [...].” 

 

1937 | Retouches à mon "Retour de l'URSS".

1938 | Voyage en compagnie de Pierre Herbart au Sénégal, au Soudan et en Guinée. Mort de sa femme à Cuverville. Il entreprend la rédaction d'Et nunc manet in te, qui entre plus avant dans son intimité. 

1939 | Voyage en Égypte puis en Grèce (avec Robert Levesque). Publication du Journal 1889-1939 en Pléiade. Il aménage dans le Sud de la France, se rend chez les Bussy.

1940 | Dans le premier numéro de La NRF de Drieu La Rochelle, Gide publie des "Feuillets" de son Journal.

1941 | Rupture avec La NRF collaborationniste. Gide écrit pour Catherine "Conseils à une jeune actrice". 

1942 | Publication du Théâtre. S'embarque pour la Tunisie. Réside chez les Théo Reymond de Gentile, à Sidi-Bou-Saïd, puis à Tunis.

1943 | Séjour en Suisse, publication des Interviews imaginaires. Départ pour Alger, où il habite chez les Heurgon. Il y dîne, le 25 juin, avec le général de Gaulle. Séjourne au Maroc. 

1944 | Jean Amrouche et Jacques Lassagne fondent L'Arche sous le patronage de Gide.

1946 |  Publication de Thésée. Voyage en Égypte et au Liban, où il donne la conférence "Souvenirs littéraires et problèmes actuels", publiée par Les Lettres françaises de Beyrouth et vendue au profit de la Croix-Rouge libanaise. Le 17 octobre, Jean-Louis Barrault met en scène au théâtre Marigny la traduction d'Hamlet par André Gide .

1947 | Le 5 juin, Gide est conféré docteur honoris causa par l'Université d'Oxford. Le 13 novembre, il reçoit le prix Nobel de littérature.

1948 | Publication de ses Notes sur Chopin.

1949 | Il publie une Anthologie de la poésie française, ses Feuillets d'automne et sa Correspondance avec Paul Claudel. Du 10 octobre au 14 novembre, diffusion de ses entretiens avec Jean Amrouche. 

1950 | Ainsi soit-il ou Les jeux sont faits. Le 13 décembre, Première des Caves du Vatican, mise en scène par Jean Meyer, à la Comédie-Française, en présence de Vincent Auriol, président de la République.

19 février 1951 | André Gide meurt dans son domicile du 1 bis, rue Vaneau, à Paris.

1952 |  L'intégralité de son œuvre est inscrite à l'Index librorum prohibitorum.

 

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Masque mortuaire d'André Gide
Masque mortuaire d'André Gide, Vaneau, 1951. © André Ostier / Fondation Catherine Gide.

“Un bon maître a ce souci constant : 
enseigner à se passer de lui.”

Journal, 1935

Gide par ses lecteurs